« D'un seuil à l'autre vers la vérité » ...

... est le titre de la nouvelle littéraire sur laquelle je planche depuis un mois. Dans ce projet, j'ai décidé d'aller au bout de moi-même, pour voir jusqu'où je suis capable de me rendre dans mon écriture. Et ce faisant, j'apprends beaucoup sur ma façon de procéder comme écrivaine. Je m'écoute plus. Je m'arrête quand ça me dit d'arrêter. Et je poursuis lorsque ça commence à être trop intense. Hein !?!  Oui, oui ! C'est le signe que ça devient interressant ! De plus en plus, je le sens, quand ça vit sous mes doigts, quand j'ai touché une veine où coule le sang chaud de mon histoire et que je suis troublée par ce que j'écris.

 

Pour vous donner une idée de mon histoire, voici les deux premières pages :

 

«  Si sa grand-mère la surprenait en train d’explorer cette maison interdite, elle se ferait gronder et subirait tout un châtiment. Peut-être la vieille Murielle la priverait-elle de la sortie du vendredi pour les semaines à venir ? Ou pire, la renverrait-elle chez sa mère, en ville, dans ce lieu maudit qu’elle avait fui ?

 

Depuis une heure, Amandine arpentait le rez-de-chaussée de la vieille maison, celle bâtie près de la falaise surplombant la mer. Celle qui, depuis toujours, la charmait du coin d’une fenêtre à carreaux brisés, d’un sifflement entre deux planches pourries, d’une porte entrebâillée qui chante sur ses gonds sous la brise océane, des immenses haies de cèdres abandonné bordant l’allée de ciment recouverte d’un tapis vert moelleux, vivant.

 

Oui, elle avait enfin osé le pas : traverser le seuil de cette villa. Elle n’en avait pas le droit. « Que je te prenne à entrer là, Didie ! » l’avait morigéné sa grand-mère, deux jours plus tôt, quand elle lui avait demandé à qui appartenait cette maison. «Et tu repars sur le champ en ville ! Compris ? » Son visage était devenu si rouge qu’Amandine avait craint de voir du sang gicler du nez de Murielle. Cette dernière, d’un geste brusque, lui avait tendu un linge de vaisselle pour qu’elle l’aide. Elle l’avait pris en rechignant puis lui avait demandé : « Pourquoi ? » Murielle tenait un gros vase, son préféré, celui avec les roses dorées, et l’essuya minutieusement. « Parce que c’est dangereux, très dangereux ! » avait-elle répondu en plongeant son regard sévère dans le sien. « Tu ne dois pas y aller. C’est tout. » Murielle avait ensuite déposé son vase sur la table et en avait pris un autre, plus petit, en verre bleu, qu’elle avait essuyé avec une grande délicatesse, comme si elle manipulait un précieux trésor. Avec une voix plus chaleureuse, elle avait ajouté : « Je te pris de m’obéir, Amandine, car c’est ta vie dont il est question… » Ses yeux s’étaient adoucis et sa main lui avait ébouriffé les cheveux. Le changement soudain de l’attitude de sa grand-mère l’avait troublée.

 

Amandine s’était mise à se détester, car en aucun moment elle voulait la contrarier. Six ans plus tôt, Murielle l’avait accueillie à bras ouverts quand elle s’était réfugiée chez elle. Elle s’était même rangée de son côté, et non du côté de sa cinglée de mère. Toutes les trois s’étaient entendues qu’Amandine vivrait chez Murielle, le temps que Sarah reprenne sa vie en main… Amandine avait huit ans, à ce moment-là.

 

Mais elle était incapable d’obéissance ! Même à quatorze ans ! Sa grand-mère devait pourtant le savoir depuis le temps ! Plus on lui interdisait de faire quelque chose, plus le désir de faire cette chose la tenaillait jusqu’à ce qu’elle le fasse.

 

Ce matin-là, elle avait profité de l’absence de Murielle pour enfourcher son vélo et se rendre à cette vieille villa construite entre les chênes centenaires, sur le bord de la falaise. Plus que jamais, elle devait découvrir pourquoi cette maison l’attirait tant.

 

Depuis à peine quelques minutes, elle s’aventurait dans la cuisinette. Elle y trouva une table mise pour le repas du soir, recouverte d’une épaisse couche de poussière et de nombreuses toiles d’araignées. Des mouches mortes gisaient dans les assiettes, et d’autres insectes qu’elle ne reconnaissait pas. Au centre, une planche à pain attendait qu’on y dépose une miche chaude, prête à être découpée, sous la garde de trois chandelles consumées.

 

Amandine avait l’impression que les gens habitant ici étaient sur le point de manger quand ils durent, pour une raison ou une autre, quitter brusquement la maison. »

 

J'en suis à écrire la fin, et c'est difficile, car c'est intense, et surtout, je ne veux pas me tromper, je veux écrire les bonnes scènes, celles qui s'imbriquent parfaitement dans l'intrigue. Il me faut être davantage à l'écoute de moi-même... C'est passionnant !

 

Qui a dit qu'écrire était un métier facile ?  

 

Si vous le désirez, laissez-moi un commentaire sur ce début de nouvelle, d'accord ? MERCI !!

 

Annie 

 

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Commentaires : 8
  • #1

    annieperreault (mercredi, 03 août 2011 10:52)

    Ne soyez pas gêné(e) ! Vos commentaires sont les bienvenus ! Au plaisir de vous lire !

  • #2

    Isabelle (samedi, 06 août 2011 16:46)

    Wouaou!!! C'est vraiment bon ce que tu présentes là!! Je veux la suite!!
    Bravo! Je suis accrochée dès le départ. Amandine m'a l'air bien curieuse, je l'aime déjà.

    Vivement la suite!

  • #3

    Jane Hawkins (mercredi, 24 août 2011 18:57)

    Intense oui et très mystérieux. J'espère avoir la chance de lire la suite!!

  • #4

    Annie Perreault (mercredi, 24 août 2011 19:37)

    Oui, Jane. Si tu le souhaites, tu pourrais être une méta-lectrice. Je pourrais t'envoyer mon texte par courriel et tu pourrais y apporter des commentaires. Qu'est-ce que tu en penses ?
    Merci d'avoir laissé un petit mot sur mon nouveau blog.
    Au plaisir de te relire ! :-)

  • #5

    Jane (jeudi, 25 août 2011 13:27)

    J'en serais ravie Annie!!! :) J'attends patiemment ce bijou dans ma boite courriel, merci!
    xoxo

  • #6

    annieperreault (jeudi, 25 août 2011 13:38)

    Dès que j'en termine l'écriture, je te l'envoie. Je peux trouver ton mail sur FB ? Si non, ce serait gentil de me l'écrire, ici. MERCI !!! :-)

  • #7

    Jane (mercredi, 31 août 2011 20:35)

    janesattic@ymail.com
    Bonne écriture :)

  • #8

    annieperreault (jeudi, 01 septembre 2011 09:51)

    Merci beaucoup !!! :-)