Ma posture d'écrivaine

Je sens le besoin de me rapprocher de moi, de mon essence. De ralentir le rythme pour mieux écouter la mouvance intérieure, reculer d’un pas et m’observer, observer les pensées, les sentiments qui m’envahissent. Être à l’affût du moindre changement vibratoire et de ce qui l’a causé. Revenir au centre, ne pas se perdre, mais accepter de s’être perdue, puis revenir, humblement, se retrouver.


Quand on écrit, on est deux. Il y a cette partie qui écrit et l’autre qui regarde l’être s’écrire. Quelle est donc cette posture?


Je sens le besoin de trouver mon langage, d’écouter ce qui bouge en moi, accueillir, accepter, écrire. Trouver ma posture d’écrivaine. Même quand je suis fatiguée, le corps meurtri d’anciennes blessures, le sommeil entrecoupé de plages d’insomnie, le regard rivé vers l’extérieur, cette ancienne posture qui m’a protégée pendant de nombreuses années. Celle-là, elle ne me sert plus désormais.


J’entre en moi, malgré les vieilles souffrances, malgré les orages et la violence des vents. Écrire, toujours, un mot à la fois. Suivre le courant, s’émerveiller de la découverte, être disponible à ce qui vient, s’abandonner, totalement, devenir un pur véhicule de ce qui veut se dire, de ce qui veut naître, être témoin de la naissance, accepter les failles du nouveau-né, accueillir la beauté et la laideur, les imprécisions, le vague, le flou, errer dans la mouvance du mot non-dit, s’écrire, s’éveiller, s’aimer, aimer… 


Ne pas juger, oh non!, ne pas juger, ne pas critiquer, ne pas dénigrer, ne pas regarder de haut. Être humble devant ce qui veut naître par les mots. Nous ne sommes pas les maîtres de ce qui veut se dire, nous en sommes les serviteurs. Des canaux permettant à ce qui est de vivre dans ce monde par les mots qui jaillissent du bout de nos doigts. Abandon. Et cette posture que je décris, elle n’est pas acquise, je dois me faire violence pour la vivre au quotidien, car mon regard qui tue, celui-là même qui est à l’origine de ma souffrance, ne veut en aucun cas libérer sa place. Sortir, donc, de cette zone de confort inconfortable pour tomber dans l’attitude de l’être qui écrit, qui s’écrit, qui se courbe devant la grandeur, qui s’y abandonne.



Servir. Vivre. Respirer.   

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